Tatiana et Alexandre, le roman d’un amour retrouvé – Paullina Simons

DzcU-Xh3FJP-N4s5NbjATT4KJ0EBraver les pires dangers pour l’amour. 1943. À 18 ans, la jeune Russe Tatiana a déjà surmonté bien des drames : survivante du siège de Leningrad où sa famille a été décimée, elle se retrouve seule avec son bébé à New York, ayant échappé aux poursuites de l’armée rouge. Mais son goût de la vie a disparu avec Alexandre, le père d’Anthony… C’est uniquement pour son fils que Tatiana s’efforce de vivre, soignant les soldats blessés qui arrivent par milliers, jusqu’au jour où elle apprend qu’Alexandre n’est pas mort, mais languit dans un camp soviétique en Europe de l’Est. Dès ce moment, Tatiana ne connaît plus d’autre but : au péril de sa vie, sous l’identité d’une infirmière de la Croix-Rouge, elle s’engouffre dans une Europe déchirée par la guerre à la recherche désespérée de son amour. Mais, même si elle réussit à le retrouver, saura-t-elle l’arracher aux griffes de ses geôliers ?

596 Pages – Editions France Loisirs

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Ce livre est assez intéressant et assez différent du premier tome.
D’une part nous commençons par un flash-back du passé d’Alexandre, puis par le récit du voyage de Tatiana jusqu’a New York, et des détails de son installation sur le sol Américain.
Ensuite le récit jongle entre le passé d’Alexandre, le présent de Tatiana et le présent du jeune homme.

J’ai trouvé cette combinaison assez intéressante dans le sens où l’on en apprend plus sur le soldat, et où l’on suit l’évolution du couple, sans tomber dans la lourdeur et les longueurs.
D’autant que j’ai eu l’impression de découvrir « Shura » sous un jour totalement différent, moins refermé, moins taciturne, que ce soit dans son passé ou son présent.
Tatiana, sur la première moitié du livre reste toujours fidèle à elle même : fade, sans personnalité, excepté sa grande douceur et sa générosité (cela dit générosité pour servir en partie ses intérêts au final).
Un bon débit et une écriture toujours aussi fluide et agréable. 

Plus tard … Tatiana change aussi … plus ou moins dans le bon sens. Elle est totalement indépendante, plus forte et moins sensible, et surtout s’affirme et ne se laisse plus marcher sur les pieds, ni dicter ce qu’elle doit faire ou pas.
C’est un bon point pour elle donc, sauf … que je n’ai pas du tout apprécié la façon dont l’auteure exploite cette nouvelle facette de sa personnalité. Elle en fait quelqu’un de trop sûr d’elle, et qui impose totalement sa volonté aux autres (en somme tu fais exactement ce que je dis c’est tout).
Tout le monde autour d’elle se montre serviable et attentionné, elle, elle se montre manipulatrice.
Rien ne compte si ce n’est Alexandre. Elle met en péril la vie d’innocents dans le but de retrouver Alexandre, en étant juste légèrement désolé.

Elle renonce même à son propre fils pour son mari (c’est ce qui m’a d’ailleurs le plus choqué dans ce récit).
Dans le Tome 1 la mère de Tania dit : « J’aurais préféré que Dieu prenne une de nos filles plutôt que Pasha. Tu ne donnerais pas Tania contre notre fils ? Elle ne sera jamais bonne à rien. » P161 ; ce qui m’avais d’ailleurs aussi profondément choqué. J’avais eu une grande peine pour la jeune fille.
On aurait donc pu s’attendre à ce qu’elle réagisse totalement différemment avec son enfant. Mais non dans un sens elle choisit Alexandre à Anthony, pas pour les même raisons que sa mère certes, mais elle choisit de renoncer à son enfant quand même.

Honnêtement je n’ai pas compris pas mal de ses réactions, ni le fait que les gens se plient aussi facilement à ses désirs.

La fin a quant à elle malheureusement été très vite expédiée. Des retrouvailles ultra-rapide, et un dénouement éclair. 
Cependant, il est intéressant de noter le changement de personnalité d’Alexandre avec et sans Tatiana. A son contact, il se referme instantanément, redevient hyper-colérique et se montre agressif.
Tatiana change aussi vite que lui. De dominatrice manipulatrice et exigeante, elle passe en mode soumise au bon vouloir du mâle dominant.

« _ Tu aimes bien décider mais, là, il faut qu’un seul de nous commande. Si nous commandons tous les deux, nous sommes morts. Compris ?
_ Compris. C’est toi qui commandes. » p530

Ensemble ils ne sont que colère. Tatiana est toujours tout en retenue de peur de le blesser, et Alexandre lui la blesse constamment et pourtant clame haut et fort  à tout-va combien il aime Tatiana.
Alors oui, encore une fois nous sommes loin du conte Disney, mais plus dans une relation qui pourrait réellement exister, mais tout au long de ma lecture leur relation m’a semblé plutôt nocive et destructrice.

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J’ai aussi remarqué que parfois l’auteure semble prise d’une soudaine envie de philosopher, et le fait à travers Tatiana. Sauf que la plupart du temps ce n’est pas du tout subtil. Il y a une sorte de décalage entre le personnage, le ton du dialogue, et la ligne insérée ; ce qui donne un effet maladroit.

« Si, murmura Tatiana. Je l’ai compris à travers ma propre solitude. Shura, comprends-moi, toi aussi : je vis cernée de fausses vérités qui ressemblent à des vrais mensonges. Toi et moi, on ne parle plus jamais seule à seul, on n’a plus jamais un moment de … » p261 – Tome 1

« _ Tatiana, toi seule as été ma force vitale. Je me suis livré aux Allemands.On m’a tiré dessus, battu, trahi et condamné. Je n’avais qu’un seul désir, te revoir. Que tu sois revenue me chercher, rien d’autre ne compte à mes yeux, Tania. Ne comprends-tu pas ? « … »
_ Oui, nous marchons seuls en ce monde, mais parfois la chance met sur notre chemin quelque chose ou quelqu’un qui nous donne une raison de vivre dans cet univers de solitude. » p588 – Tome 2

VERDICT :

Mon avis rejoint celui du tome précédent. Encore une fois le livre est totalement porté par le style d’écriture de l’auteure et son travail de recherche sur la seconde guerre mondiale en Europe, et la vie à New-York.

Un mieux cependant du côté des personnages qui s’étoffent (pas forcément dans le bon sens cela dit), mais qui malheureusement retombent au stade initial dans le dernier quart du roman.

Et une fois de plus, Paullina Simons nous met face à un couple « humain », loin du cadre de « la belle Princesse et son Prince Charmant ». C’est quitte ou double, on adhère ou on n’adhère pas. Pour ma part je n’ai pas accroché.

2EtoilesDemi400

 

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