Le Théorème des Katherine – John Green … ou comment ne pas du tout me réconcilier avec les maths !

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Pour Colin, jeune homme surdoué, la femme idéale s’appelle Katherine. Il est sorti avec 19 Katherine… et s’est fait larguer chaque fois.

Lorsque sa 19ème Katherine le quitte, il part noyer son chagrin dans un voyage avec son ami Hassan. Alors qu’il élabore une formule mathématique pour prédire la date de rupture avec sa prochaine Katherine, une rencontre va remettre en cause son idéologie de l’amour. Et si l’amour ne respectait pas le théorème des Katherine ?

285 Pages – Editions Nathan

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Après avoir dévoré « Nos Etoiles Contraires » (« The Fault In Our Stars » … pour une fois j’aime autant le titre français qu’anglais !), j’en attendais peut-être un peu beaucoup trop des autres textes de John Green.
Cette fois aucune faute ne peut être rejetée sur aucune étoile au sens propre, comme au figuré d’ailleurs, si ce n’est la petite étoile montante du milieu littéraire … à savoir l’auteur lui-même.
Un mot : Pourquoi ??? Why ???

Le style est là, mais l’histoire n’y est pas ! Et encore moins les personnages !!! Encore un titre accrocheur pourtant. Intriguant, donnant envie d’en apprendre plus. Pas spécialement fana de math pour un sous (pourtant je suis comptable …), l’originalité m’avait séduite (en plus du nom de l’auteur).
Mais problème ! Les personnages !! Encore une fois : Why ???

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Mes impressions se découpent tels quelles, selon avancement dans ma lecture :

15% = 1 Colin agaçant + 1 Hassan assez frais
30% = 1 Colin énervant + 1 Hassan agaçant
60% = 1 Colin détestable + 1 Hassan énervant
80% = 1 Colin haïssable + 1 Hassan détestable
100% = 0 (Petit retour au calme, sans personne à détester)

I- Colin est un garçon totalement imbu de sa petite personne. Bon ok, c’est un peu beaucoup le but recherché par John Green, mais il en fait un personnage tellement antipathique qu’au final on est même pas peiné qu’il se soit fait larguer 19 fois, mais plutôt surpris qu’il ai réussi à avoir 19 copines ! (18 en réalité … 2 x la même : « Katherine I était déjà Katherine XIX. Bientôt, elle remonterait sur le trône qui lui revenait de droit depuis toujours. » ).

La scène du « Est-ce que tu m’aime ? » à répétions pour se rassurer a finalement réussi par me le faire haïr. Quoi qu’il puise faire, même si il est en erreur, la seul chose qui lui importe n’est pas de tenté de s’excuser, ou de recoller les morceaux, mais juste de vérifier si les gens l’aiment toujours …

 « Colin détestait ne pas pouvoir atteindre ses « objectifs ». Il détestait ça depuis l’âge de quatre ans, depuis le jour où son père lui avait fixé comme « objectif du jour » d’apprendre les conjugaisons de vingt-cinq verbes latins irréguliers. Colin n’en avait appris que vingt-trois. Son père ne l’avait pas grondé, mais Colin savait qu’il avait échoué. Or, désormais, les objectifs étaient bien plus compliqués, mais sans doute toujours aussi simples : il voulait avoir un meilleur ami, une Katherine et un Théorème. »

 « _ Tu connais Pythagore ? demanda-t-elle.
_ Je connais son théorème.
_ Non, l’homme. Un drôle de type. Il pensait que tout pouvait être traduit en chiffres, comme si les maths allaient tout expliquer. Et quand je dis tout, c’est tout.

_ Tout ? Même l’amour ? demanda Colin, agacé qu’elle sache quelque chose qu’il ignorait.
_ Surtout l’amour, répondit Katherine. »

Lindsey à Colin : « Quand tu racontes tes histoires …, l’histoire tourne toujours autour de toi. »

Lindsey à Colin : « C’est enfantin de faire en sorte que les autres t’aiment. »

 

II- Hassan est aussi un personnage lassant. Si au départ son sens de la réparti peu être amusant, ça tourne vite en mode « repeat », avec constamment le même genre de réplique et de vanne (d’assez mauvais goût).

Je n’ai pas aimé le faite de lui faire appeler Colin « Kafir » … terme assez insultant même pour « rigoler » avec des amis. Bon une fois, deux fois … mais pendant tout le livre !

[Wiki : Un kâfir (arabe : كافر [kāfir], mécréant, incroyant, ingrat, infidèle) est un terme arabe à connotation dépréciative désignant celui qui n’est pas croyant.]

Petite incohérence aussi au niveau de son personnage, censé être musulman pratiquant, mais qui pourtant ne mange pas halal (Viande servi chez Hollis, plus celle du Fast Food …).

Part contre la toute première réplique à Hollis de la part d’Hassan m’a assez amusé « Je ne suis pas un terroriste ! » (qui dénonce parfaitement les préjugés où arabe = terroriste).

Hassan à la chasse au cochon sauvage « Wilbur dans Le Monde de Charlotte, c’est un cochon, Babe, c’est un cochon. Mais ce truc sort des couilles d’Iblis. »

 

III- Puis il y a aussi Lindsey. Le seul personnage qui m’a paru vrai (paradoxalement à l’inverse de son propre point de vue personnel …). Pourtant je ne vais pas m’étaler sur son cas, bien que très présente dans le livre. Les personnalités des deux autres empiètes sur elle, mais elle arrive quand même d’une certaine façon à se détacher, par sa générosité, son côté naturel et frais, sa franchise, sa logique, et son côté « je me prends pas la tête » (un peu « the girl next door).

 « Je suis bidon. Je ne suis jamais moi-même. Je prends l’accent du Sud quand je suis avec les ancêtres ; je fais ma mordue de graphiques et de pensées profondes avec toi et la gentille petite princesse avec Colin. Je ne suis rien. L’embêtant quand on avance dans la vie comme un caméléon, c’est qu’on arrive à un point où plus rien ne semble réel. Le problème, c’est qu’on est … Comment tu dis déjà ? Qu’on n’est pas important. »

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Les notes en bas de page sont beaucoup trop nombreuses. La lecture est interrompue toute les 3 ou 4 pages par une note quasi inintéressante et parfois inutile (ex : « Encore, Encore, Encore … » écris 19 fois, tout les anagrammes trouvés par Colin, ou encore la phrase composée de 99 mots dont la première lettre est une décimale de Pi).

Au début de l’histoire, à la page 81 exactement, l’auteur nous promettait une chose = plus de math …

« Note 28 : Une explication plus approfondie du rôle des maths dans cette démonstration risque d’être très longue et très ennuyeuse. Dans les livres, la partie consacrée au très long et très ennuyeux s’appelle « Appendice ». On y trouve l’explication semi-exhaustive du rôle des maths dans le texte qui précède. En ce qui concerne l’histoire qui nous occupe, il n’y aura plus de maths. Plus du tout. Promis ».

Tu avais promis ! *Petite larme à l’œil …*

Peut-être pensait-il qu’une promesse en note en bas de page ne serait pas lu (rappelez-vous, trop de note, donc forcément au bout d’un moment ça se lit en diagonal).

Et d’ailleurs aussi, merci Mr Green pour cette petite définition très instructive d’une « Appendice », mais la mettre en pratique serait bien meilleurs !

Certaine note reste néanmoins instructive, mais auraient pu être directement insérées dans le texte, sans l’alourdir (Ce qui aurait évité la coupure, certes brève, dans la lecture pour se reporter en bas de page).

« Note 73 : Pourtant la différence est de taille, comme la douleur lancinante que ressentait Colin le lui rappelait. Les abeilles ne piquent qu’une fois, puis elles meurent, alors que les frelons peuvent piquer plusieurs fois. Et les frelons, du moins dans l’esprit de Colin, sont plus méchants. Les abeilles ne pensent qu’à faire du miel, alors que les frelons sont des tueurs. »

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Verdict :

Au final seul les dernières pages m’auront plus. 250 Pages de « remplissage », pour une dernière partie plus vrai, plus intéressante. Et c’est de ces dernières pages que sont tirées trois des quatre citations ci-dessous :  

« Colin s’efforça de maîtriser ses sanglots, car rien n’est moins séduisant qu’un garçon en larmes.
_ Vas-y, laisse-toi aller, dit Lindsey.
_ Non, je ne peux pas. Si je me laisse aller, on croira entendre le chant nuptial du crapaud.
Et tout le monde rit, y compris Colin. » 

« Je relie les éléments entre eux, et il en émerge une histoire. Et les éléments qui ne collent pas avec le reste, je crois qu’ils passent à la trappe. C’est un peu comme quand on repère une constellation. On lève les yeux et on ne voit pas toutes les étoiles. Toutes ensemble, elles sont à l’image de ce qu’elles sont : un vaste foutoir. Sauf qu’on veut voir des formes, des histoires, alors on en choisit quelques-unes dans le ciel. » [Lindsey] 

« La morale de cette histoire est qu’on oublie les choses qui sont vraiment arrivées. Le souvenir les remplace. La deuxième morale de cette histoire, si tant est qu’une histoire puisse avoir plusieurs morales, est que les Largueurs ne sont pas pires que les Largués. Une rupture n’est pas le fait de quelqu’un qui vous l’impose, elle se fait à deux. » [Colin] 

« Le passé est une histoire logique. Il donne un sens au vécu. Or l’avenir, dont on ne se souvient pas encore, se fiche d’avoir du sens. » [Lindsey]

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En prime, voici le « jolie » petit théorème pour les curieux, avec explications fournis (même si même avec, je n’ai toujours pas compris …), trouvé sur « ce site ».

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4 réflexions sur “Le Théorème des Katherine – John Green … ou comment ne pas du tout me réconcilier avec les maths !

  1. J’ai lu trois livres de John Green et ils m’ont plu dans l’ensemble mais dans un d’entre eux j’avais ressenti un gouffre au niveau de l’intrigue. Heureusement John Green faisait passer un message qui m’a touché alors ça a sauvé ma lecture. Le théorème des Katherine est le livre de cet auteur qui me tente le moins et ta chronique m’éloigne encore un peu plus de ce livre. Si j’en ai l’occasion je tenterai tout de même pour me faire mon propre avis. 🙂

    • J’aime beaucoup le style d’écriture de John Green. Très fluide et léger. J’avais juste lu « Nos étoiles contraires » avant celui ci. Mis à part la partie voyage à Amsterdam que j’avais trouvé trop longue et ennuyeuse j’avais beaucoup aimé ce livre. Et franchement « Le théorème des Katherine » a été une grosse déception !
      Mais je ne renonce pas aux autres livres de l’auteur, si tu as un conseille à me donner je suis partante =)

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