La Trilogie Imriel – Jacqueline Carey

 

Imriel Trilogie

sans-titre-8

Imriel Tome 1 : L’Héritier de Kushiel

Après avoir dévoré la première trilogie de Jacqueline Carey « Kushiel » c’est avec une grande hâte et un grand plaisir que je me suis replongé dans le monde des d’Angelins.

La plume de l’auteure est toujours aussi fine et poétique, et c’est un bonheur que de se laisser emporter dans son univers.

Seulement voilà, bien qu’appréciant (au départ) le personnage d’Imriel, adopté à la fin de la trilogie Kushiel par Phèdre nó Delaunay de Montrève et Joscelin Verreuil, je n’ai retrouvé ni la magie, ni la passion, ni le danger des aventures de Phèdre.

Imriel est un adolescent qui se cherche, mais qui reste avant tout traumatisé par son enlèvement par des esclavagistes Carthaginois, puis par les événements de Darsanga (Kushiel Tome 3). Une part d’ombre plane sur lui tout au long de l’histoire, mais pour une raison qui m’échappe « son rôle » ne m’a pas convaincu.

L’intrigue reste simple « un prince qui refuse son héritage (fils de Melisande Shahrizai, traitresse de Terre d’Ange) et part à la découverte de nouveau horizon (en l’occurrence à Tiberium)», mais le fil de l’histoire reste lent, trop lent. Imriel profite de son passage à Tiberium pour partir sur les traces d’Anafiel Delaunay, qui a appris les arts de l’action clandestine dans cette ville même, et découvre ainsi la Guilde Invisible. Cependant cette découverte passage vite à la trappe, lorsqu’il se retrouve pris au piège dans une ville assiégée (Dommage d’ailleurs … d’autant plus que la Guilde n’est pas non plus mentionner dans le Tome 2).

Cependant on est bien loin des péripéties palpitantes de la belle courtisane et de son guerrier Cassilin, et bien loin encore de leur niveau de charisme. Dans une certaine mesure, cela rend Imriel plus humain, mais cela reste une fiction, donc non à l’ennuie !

Ceci dit la main de génie de Jacqueline Carey arrive malgré tout à nous captiver par son écriture particulière !

sans-titre-8

Imriel Tome 2 : La Justice de Kushiel

Le second tome arrive quand à lui à relever le niveau. Nouveaux paysages au programme, nouveaux personnages et nouvelle intrigue. Le tout étant très bien ficeler, et relevant parfaitement le défi de tenir le lecteur en haleine jusque la dernière page.

Suite aux évènements du Tome 1 aux Caerdiccae Unitae, et après avoir échappé à une tentative d’assassinat, Imriel donne son accord pour épouser la nièce de Drustan Mab Necthana (Cruarch d’Alba), Dorelei Mab Breidaia, malgré les sentiments qu’il éprouve pour sa fille ainée, la futur Reine de Terre d’Ange, Princesse Sidonie ; reniant ainsi le précepte d’Elua le béni « Aime comme tu l’entends ». La petite sœur de Sidonie, Alais, et quand à elle destinée à épouser le futur Cruarch, Talorcan (Neveu de Drustan).

Dorelei est un personnage très attachant, qui ne mérite absolument pas de vivre avec un époux épris d’une autre femme, et qui pourtant l’accepte ; son amour pour Imriel grandissant au fur et à mesure de l’histoire. Imriel lui-même en vient à l’aimer, mais la présence de Sidonie se fait lourdement sentir sur le nouveau couple tout au long du livre. Tant que leur « petite amourette » prend des dimensions totalement disproportionnée par rapport à leur histoire et à leur vécu.

Si au départ une liaison entre Sidonie et Imriel, tel Roméo et Juliette, m’avais enchanté, celle-ci reste parfois incohérente par moment, dans la mesure où rien n’explique concrètement l’attachement qu’ils éprouvent soudain l’un envers l’autre (encore une fois la comparaison entre Phèdre et Joscelin s’impose, bien qu’il s’agisse d’une toute autre histoire. Mais leur histoire est tellement bien menée que ça en fait « le couple de référence » par excellence !!).

Malgré tout ce passage en Alba est tellement bien décrit, que l’on veut croire à un futur pour Dorelei tout en sachant cela impossible. Les pages se tournent d’elle-même, pour nous faire re-franchir l’océan en sans inverse, pour un retour des plus douloureux, mais au combien fabuleux, en Terre d’Ange, puis nous voici aussitôt reparti vers les contrées glacées de Vralia, où Imriel traque le grand méchant loup de ce tome : Berlik, de la tribut des Maghuin Dhonn (Je ne vais pas m’étaler là-dessus, au risque de spoiler la totalité de l’intrigue). 

Si la première parti nous avait dépaysé, et enchanté de découvrir une vie simple en Alba, la seconde nous propulse quand à elle dans une course poursuite à travers le continent, presque (oui presque) digne des aventures de Phèdre (oui encore !). Néanmoins le dénouement de l’intrigue m’a quelque peu refroidi. Près de 700 pages pour une fin aussi … facile … l’auteure m’aura surprise jusqu’au bout, je ne m’y attendais vraiment pas, mais pas dans le bon sens du terme ! Mauvaise surprise, mais pas suffisamment mauvaise pour me faire changer d’avis sur ce tome : coup de cœur (Bien que Imriel soit par moment assez agaçant). 

Toujours pas de Melisande Shahrizai, ni de Guilde Invisible à l’horizon, mais ils ne m’auront pas manqués sur cette aventure.

sans-titre-8

Imriel Tome 3 : La Grâce de Kushiel

Le spitch : Sidonie et Imriel se voue un amour éternel, et décide contre l’avis du royaume entier se s’unir. La Reine accepte à condition qu’Imriel retrouve sa mère, la ramène au pays, pour qu’elle y soit exécutée. Même si tuer sa mère le dérange légèrement, pour Sidonie il accepte. Entre temps, Astegal, à la tête de Carthage rêve de conquête, et entreprend d’envahir l’Aragonia, elle-même en guerre contre les Euskerri. Astegal, qui rêve d’un empire, parviens même à ensorceler la ville d’Elua, et à en repartir marier à la princesse Sidonie victime d’un sortilège. Imriel entreprend alors un voyage dans le but de sauver Terre d’Ange, mais surtout Sidonie (dans l’ordre Sidonie d’abord, Terre d’Ange semble être une option).

Ce troisième tome me laisse quand à lui assez mitigé. L’auteure nous démontre une fois de plus son talent. Une plume toujours aussi étonnamment poétique et fluide, un développement assez surprenant … Mais l’ensemble est cette fois ci emprunt d’une certaine lourdeur.  
Les fans de l’auteur sont familiers des « longueurs » qui ponctue ses romans, mais néanmoins majoritairement utiles à la mise en place de l’intrigue politique de l’histoire, mais cette fois ci il s’agit vraiment d’un sentiment de lourdeur et non pas de longueurs.

Dès le début de cette trilogie, si l’histoire en elle-même m’a enchanté, je n’ai jamais été fan du couple Imriel/Sidonie qui pour moi n’ont rien d’extraordinaire et qui deviennent beaucoup trop fusionnel. Cette relation m’a d’ailleurs paru bien lourde, et un peu trop tiré par les cheveux par moment. Ce tome ci n’y échappe pas non plus. Imriel, une fois de plus, au nom de Sidonie est prêt à mettre un royaume en péril. Oui c’est romantique, oui c’est beau, oui c’est touchant, mais de la façon dont leurs relations est exploité ici, c’est surtout égoïste. Imriel se fond dans Sidonie, tout comme Sidonie se fond dans Imriel. Il semble ne plus y avoir deux personnages mais un seul, et c’est d’une certaine façon assez dérangeant, un peu trop mielleux …

Il n’hésite d’ailleurs pas à sacrifier sa propre mère pour épouser Sidonie. Ok c’est une traitresse, mais à aucun moment elle n’a cherché à lui nuire directement, au contraire, elle a assuré sa sécurité tout au long de son existence, et lui est prêt à la tuer (Si c’est pas égoïste ça, horrible même …).
Pourtant,  Sidonie est remontée dans mon estime lors de la seconde parti du livre. Elle s’est soudain montrée sous un jour différent. Plus rusé, plus humaine, plus robuste.  Elle a accepté les choses comme elle était sans se plaindre. Se montrant d’une force étonnante.
Le passage concernant le tatouage m’a d’ailleurs assez choqué et écœuré (et pourtant ça n’était rien comparé au dépeçage de Phèdre).

 Je n’ai pas apprécié le personnage de Leandre Maignard (jeune Shahrizai dont Imriel emprunte les traits et la personnalité au moyen d’un sortilège, pour passer inaperçu et inoffensif à Carthage). Présenté d’abord comme quelqu’un d’enjoué et sur de soi, aux fils des pages son image se détériore (rapidement d’ailleurs), et sa personnalité devient bancale. Il perd ses moyens, rougit, tremble de peur, s’efface. Par moment il est évident que la personnalité d’Imriel refait surface, mais beaucoup trop vite a mon goût. Le personnage de Leandre n’a quasiment pas été exploité.

Pour finir, assez déçu de ne pas en savoir plus ni sur Melisande Shahrizai, ni sur la guilde invisible (qui pour le coup comme son nom l’indique reste bien invisible). Ni sur la fameuse quête entrepris pas Phèdre et Joscelin lors du tome deux.
Une nouvelle trilogie avec Melisande en personnage principale, ainsi qu’un tome supplémentaire pour Phèdre ne serait pas de refus … De même pour le personnage d’Alais exilée en Alba …

Un tome qui m’a d’abord beaucoup déçu, beaucoup trop lent, j’ai mis pas mal de temps à le finir, puis qui m’a ensuite légèrement captivé, pour bien vite retomber dans la lourdeur. Pas fan de ce dernier tome, même si c’est encore à regret que j’ai quitté le monde de Terre d’Ange.  

sans-titre-8

« A l’âge de dix-huit ans – presque dix-neuf – j’avais déjà endossé bien des rôles. J’avais été orphelin, berger et esclave. J’avais été un prince enlevé – disparu puis retrouvé. J’avais été le fils d’un traître et d’une traîtresse, mais aussi celui d’une héroïne et d’un héros. J’avais été un étudiant, un amant et un soldat. »

« – Tu es ma lumière, Sidonie. Mon soleil dans les cieux et ma lune au firmament. Tout ce qui est bon et illumine ma vie. (Je souris.) Et un peu mes ténèbres aussi. »

« Le bonheur est la forme la plus achevée de la sagesse »

sans-titre-8

Du même auteur la saga coup de coeur Kushiel se déroulant juste avant celle d’Imriel : 

Kushiel

 Une troisième trilogie, se déroulant cette fois des siècles plus tard, en Alba, est disponible en VO. L’écriture de Jacqueline Carey étant très travaillée, et son monde très complexe, difficile pour moi de l’attaquer en anglais, et doit donc me résoudre à attendre la sortie française, confirmée par Bragelonne, mais pas avant très très longtemps, pour mon plus grand malheur.

im Namaah copie

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s