Max – Sarah Cohen-Scali

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« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

475 Pages – Editions Gallimard (Scripto)

J’ai voulu lire ce livre au plus vite dès que je suis tombé sur le résumé ! Et je ne regrette absolument pas mon empressement.

J’aime beaucoup les lectures se déroulant pendant cette sombre période de notre histoire. Il est vrai qu’il est bizarre de dire « j’aime » lorsque le thème principal est « un génocide ayant réellement eu lieu », et qu’il ne s’agisse en rien de lecture « plaisante », mais oui « j’aime » (pas au sens propre vous l’aurez compris) me renseigner sur cette tranche de notre histoire.

Bien sûr nous avons tous eu droit au cours d’histoire en 3ème et ensuite au lycée, mais faisant seulement référence à l’aspect politique et militaire de cette guerre (tout en appuyant bien sur l’aspect traumatisant). Mais le côté « humain » n’a jamais été abordé (pas à mon souvenir, ou que légèrement autrement ma mémoire me fait vraiment défaut).
Et c’est ce côté là que j’aime découvrir. Le courage de véritable Héros ayant risqués leurs vies, et celle de leur propre famille, pour en protéger d’autre.
Découvrir l’aspect « humain », se sentir plus proche des civils, que des différentes armées.

Mais j’avoue avoir été surprise du thème ici abordé : le programme Lebensborn … étrangement, bien qu’ayant lu des dizaines de livres concernant cette guerre, c’est bien la première fois que j’entendais ce nom (Cours d’histoire compris ! Je ne garde aucun souvenir concernant ce programme … bizarre …).

Ce livre traite du sujet à merveille ! Cruellement, dramatiquement, magnifiquement bien !

Il est très dur de rédiger une critique sur un livre de ce genre, un livre qui choque par son réalisme, et qui une fois fermé ne vous laisse pas indemne.

Le petit Max (Alias Konrad) m’a tantôt profondément choqué, tantôt profondément émue.

Max agit tout au long du livre comme « un bon petit soldat nazi ». Il reproduit seulement ce qu’il croit être « juste », ce qu’on lui a appris. Il ne se pose pas de question, les questions sont inutiles, un homme fort est un bon soldat qui obéit, qui ne réfléchit pas par lui même. Il dénonce, insulte, et maltraite, car c’est la seule manière d’agir qui lui a été apprise. De même qu’il refuse toute marque de tendresse, ou d’amitié, car un soldat est un homme fort dépourvu du moindre sentiment.

Il me reste en mémoire la scène où après avoir entendu Lukas lui raconter son histoire, il se sent gêné par « une poussière dans l’œil » et se met à pleurer, sans se rendre compte qu’il éprouvé enfin des sentiments ! Qu’il était ému et triste pour Lukas, mais qu’il n’avait aucune « poussière dans l’œil ».
Ainsi que celle où Bibiana, jeune femme Polonaise détenue par les Allemands, lui montre de l’affection (tente de lui monter pour les besoins de la mission) et veut le prendre dans ses bras, sauf qu’il réagit violemment.

Konrad m’a fait passer par toute une palette d’émotions : de la tristesse à l’écœurement, du dégoût à une sorte de soulagement (lorsque Konrad montre enfin un semblant d’humanité).

Konrad m’a vivement interpellé, en particulier lorsqu’il dénonce ses petits camarades Polonais, en croyant que les nazi allaient juste les « formater » et les faire « devenir de vrai petit Allemand » … A ce moment là on se rend compte de l’ampleur du problème : Mais jusqu’où va l’ignorance du petit  ? (Certes qu’il n’a que 6 ou 7 ans et croit faire quelque chose de bien.)

 J’ai voulu le gifler, le prendre dans mes bras, le secouer, le consoler … bref Max ne m’a à aucun moment laissé de marbre.

Roman choc, par moment assez cru et très difficile … à découvrir !

Verdict :

Une grosse claque ! Roman très perturbant, parfois même choquant, épouvantable (contenu) mais magnifique (écriture).
L’auteur est un génie ! J’ai rarement été aussi dérangé et captivé à la fois par un roman. Livre faisant partie des rares « Lu une fois mais que l’on oubliera pas de sitôt »
A lire absolument !

« Je sais qui sont ces bébés. Je sais comment ils ont été fabriqués. Je sais qui les a fabriqués, qui a demandé qu’on les fabriques, qui les a triés pour ne garder que les plus réussis. Je sais où vos soldats peuvent en trouver d’autres. Je sais tout. J’ai été le premier de ces bébés. »

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